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Vous trouverez ici une foule de petites précisions sur le Musette d'avant ...

L'argot
Tatouages
Us et coutumes
"Passez la monnaie"
Invitation
Discrétion
Détails
Gustatifs
Olfactifs
Visuels
Linguistiques
Tenues
Les guinguettes...
Le Musette à l'étranger

Bas de page

L'argot

Il existe différentes manières de parler, parfois liées à des groupes professionnels :

. le verlan, encore employé de nos jours

. le javanais, qui consiste à rajouter "vé" entre chaque syllabe

. le  largonji et sa variante, le louchebem, argot des bouchers de la Villette, qui se crée en remplaçant la première lettre d'un mot par un "L" et en la rajoutant à la fin suivi de "em", "i", "oc" et autres "muche"...
Par exemple :

Boucher : louchebem
Boutique : loutiquebem ou loutiqueboc
Femme : lamefé
Jargon : largonji ou largonjem
Paris : Laripoc ou parfois Laripette d'ou le nom "Toto Laripette" qui veut dire Toto de Paris...

. la langue verte, riche de mots parfois poétiques mais aussi d'expressions imagées avec par exemple :

Accordéoniste : boutonneux
Argent : osier, oseille
Argot : jarre
Bal : guinche
Chapeau : galurin, galur, bada, bitos, bloum, papeau
Costaud : malabar
Couteau : lardoire, surin
Danser : faire le tour, gambiller, guincher
Doigts de pied : nougats
Fesses : valseur
Offense : vanne (un)
Parapluie : cure-dent
Paris : Paname, Pantruche
Parler : jaspiner, jacter, débagouler
Policier : bourre
Prostituée : marmite, morue, pierreuse
Souteneur : maquereau, julot
Tatouage : bousillage
Vin : picton
Voyou : gouape, escarpe, affranchi
Yeux : châsses

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Tatouages

Signe distinctif, le tatouage est important chez les apaches :

. point bleu tatoué à l'encre de Chine sous l'œil gauche
. 3 lentilles sur les mains
. cœur, colombe, bouquet de fleurs, etc.

A la fin du siècle dernier, la mode des tatouages est si grande que certains princes ou rois se font tatouer.

Comment ?

Pierre DRACHLINE & Claude PETIT-CASTELLI
Casque d'or et les apaches

« J'ai, prétendit Leca, une salle de bains sur la poitrine avec des femmes en caleçon... La chair des femmes est rose, les caleçons sont tricolores... Un peu derrière l'épaule gauche, j'ai un serpent qui vient, qui passe sous mon bras, s'entortille autour d'un vase artistique et vient me sucer le cœur... Là, j'ai un scorpion, plus bas, une étoile (Leca désignait alors son biceps droit), ce sont les insignes des disciplinaires. Sur ce bras (le gauche), j'ai un curé qui se tord parce que juste en face de lui, sur l'autre bras, il y a un paysan dont le nez est piqué par une guêpe... Ici ou là, j'ai un mousquetaire, une hirondelle, un bracelet, un dé à jouer, une Andalouse... Mais mon plus joli tatouage, je le porte dans le dos... J'ai tout un coin d'oasis avec un lion, une lionne, des palmiers, un sphinx, des pyramides, des cactus et un grand soleil, un beau soleil d'Afrique qui se couche!... »

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Us et coutumes

" Passez la monnaie ! " 

Jusque vers 1930 / 1935, la tradition est de payer chaque danse.
La musique s'arrête, les ramasseurs de jetons ou de monnaie officient, la musique reprend...
Parfois, pour éviter les resquilleurs, on encercle les danseurs avec une corde.
C'est souvent la cavalière qui paye !

Voici, à peu près l'évolution des tarifs :

. 1890 : deux à quatre sous
. Puis cinq sous, (vingt-cinq centimes)
. Les derniers temps : cinquante centimes

Le "Allez, roulez !!!", crié par le ramasseur de jetons lorsqu'il a fini d'œuvrer, signale la reprise musicale...

Comment ?

Marcel MONTARRON     P343
Détective, 10 &17 Juin 1937

« Dans la plupart des musettes de Paris, on ne passe plus la monnaie »
« C’est une drôle de révolution, et qui n’a pas fait de bruit ».

Invitation

En 1937 encore, les hommes invitent les femmes de loin, en sifflant, pour éviter d'avoir l'air stupide en cas de refus !!!

Une femme qui a refusé à un danseur ne peut, sans risque, accepter une autre invitation pour la même danse: lisez plutôt la suite...

Comment ?

Léon AGEL     P357
Titi des Enfants Rouges, 1993

Vers1926-1927 :

« elle risquait une gifle et inévitablement une bagarre pouvait éclater entre les gars. Lorsque cela arrivait, aucune parole n'était échangée. Celui qui se jugeait offensé se levait, verre en main, et venait choquer celui de l'autre. Cela signifiait: "Sors dehors, on va s’expliquer." Le patron veillait à ce qu'il n'y ait pas de bataille chez lui. Dehors, il s’en moquait ».

Discrétion

A la caisse ou sous les fesses des musiciens, les truands ont l'habitude de cacher leur petit matériel...

Comment ?
Léon AGEL

Dans les années 30 :

« En cours de séance, plusieurs fois dans la soirée je devais me lever pour permettre à des messieurs soigneux de déposer, sous mes fesses, dans le coffre, leur artillerie ou leurs accessoires encombrants. »

Détails

Gustatifs

Danser, ça donne soif...

On boit du vin rouge, de la bière, de la limonade.
On aime aussi les cerises à l'eau de vie.
Il y a le temps du "Vittel cassis", à la mode chez certains truands.
Puis vient l'époque du diabolo...

Comment ?
Claude BLANCHARD     P209
Le Parisien de Paris, 1946

« Le "diabolo" est une boisson essentiellement parisienne. Dans les bals-musette, chez tous les bougnats et les bistrots, on aime cette façon de servir la limonade gazeuse en y laissant tomber d’un peu haut, un nuage de sirop de groseille. Dans les quartiers riches, ce rafraîchissement est inconnu, et l'on pourrait presque diviser Paris selon une ligne de partage du diabolo, tant cette boisson marque exactement l'étendue de la vie populaire. »

Olfactifs

Pendant longtemps, l'exiguïté des lieux, le tabac, la mauvaise aération et  la chaleur dégagée par les danseurs ont permis, dans les bals-musette, une richesse olfactive intense.
Bref, on en prend plein les narines !

Comment ?

René GIRARDET     P 277
Détective, 24 août 1933

« Dès l'entrée... on est saisi à la gorge par un triple relent de poussière remuée, de fumée et de parfums vulgaires. Flotte une odeur spéciale de chair humaine en sueur... »

Puis vient le temps des dancing...

Comment ?
Jo PRIVAT

A propos du Balajo :

« Ça a fait sensation le cadre de Mahé, ce truc atmosphérique... des espèces de grosses cheminées en hauteur aspiraient la fumée tandis qu'en dessous des banquettes venait de l'air frais, ou de l'air chaud... Dans les bals-musette, d'habitude y avait une fumée terrible... avec ce système ça sentait pas mauvais, ça planquait toutes les odeurs... »  

Visuels

L'orchestre, au début du siècle, est parfois composé d'un seul musicien.
Pour cause de manque de place, on le trouve souvent perché sur une estrade, un balcon, quelquefois assez haut !
Il arrive même qu'on retire l'échelle d'accès afin d'éviter, peut-être, que le(s) musicien(s) ne soi(en)t plus au bar que derrière leur(s) instrument(s).
Toutefois, restons humains, on leur laisse une bouteille (de vin) sur leur piédestal.

De temps en temps, la piste de danse est séparée du restant du bal par une barrière ou une porte battante...

Linguistiques

Longtemps mal éclairé, le "bal-musette" se fait appeler "dancing-musette" en même temps qu'il s'habille, grâce à l'arrivée de l'électricité, de lumières multicolores et de boules à facettes...

Mais les usagers trouvent que "dancing-musette" est trop long à dire.
Appeler ces lieux "dancings" serait les confondre avec le "dancing traditionnel".
Aussi, naturellement, le terme de "bal-musette" réapparaît dans le langage...

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Tenues

A noter, la grande mode des espadrilles qui durera longtemps... et le plaisir qu'a le beau monde à s'encanailler...
N'oubliez jamais le foulard autour du cou, la casquette ou le feutre et le bout de mégot, allumé ou éteint, éternellement collé aux coins des lèvres.
Pour en savoir plus, allez faire un tour dans "Ils l'ont dit un jour".

Avez-vous vu le chapeau de zozo ?
Comment ?

André WARNOD     P143  
Fils de Montmartre, Souvenirs,1955

Vers 1920 :

« Le beau monde et la bourgeoisie raffolent du plaisir de se déguiser en voyous et en gigolette. »

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Les guinguettes...

Régulièrement évoquées par les médias, l'intérêt pour les guinguettes n'est jamais complètement "tombé à l'eau" (rires !!!)

L'origine du mot "guinguette" est mal connue:

. le verbe "guiguer" (sauter), renvoie à la gigue, donc à la danse
. le mot "guinguet" (étroit) pourrait aller dans le sens de "petite maison"
. le "guinguet" (vin aigrelet, peu cher, produit en Ile-de-France) aurait donné son nom aux établissements où on le consommait.

En ce qui concerne la définition : la guinguette se rapporte soit à la nourriture, soit à la danse.

Au  XVIIIe siècle, les guinguettes se développent dans les villages proches de Paris, au-delà des barrières: à Belleville, Montrouge et Bercy, le succès de ces établissements va grandissant pendant le XIXe siècle.
Puis, à la veille de la guerre de 1870, un déclin s'amorce. 

Dans le même temps, les bords de la Seine et de la Marne attirent, dans la première moitié du XIXe siècle, les canotiers. On y trouve également des guinguettes...

Comment ?
 Emile DE LA BEDOLLIERE
Tour de Marne, 1865

« Cette île est devenue le rendez-vous des canotiers et canotières, depuis que le restaurateur Jullien, de Bercy, y a transféré son principal établissement. Il y a créé de magnifiques salons, des cabines confortables, et dressé une tente immense, sous laquelle ses innombrables habitués se livrent, chaque dimanche, aux plaisirs d'un bal nautico-champêtre. C'est là, après chaque régate organisée sur la Marne, soit par le Sport nautique, soit par la Société des régates, que se réunit la fine fleur des canotiers et des canotières. »

En ces lieux, au début du XXe siècle, les guinguettes se multiplient...

De 1920 à 1940, les guinguettes de l'ouest parisien disparaissent.
Par contre, celles des bords de Marne attirent beaucoup de monde.
Le succès est encore plus grand après 1945.
Puis, plus tard, avec l'évolution des mœurs, les guinguettes connaissent  le déclin et deviennent dancings ou restaurants, avant de commencer à renaître ces dernières années...

De tous temps, il s'agit pour les clients de boire, de manger, de s'amuser et de danser:

. petit vin blanc, anisette, matelote, friture, bœuf gros sel (une cuisine simple...)
. canotage, balançoires, agrès, courses de vélos, jeux de force, de boules et de quilles, tir à l'arc, jeux de cartes, dominos...
. valse, polka, mazurka, scottish puis valse musette, tango, swing musette...

Retenons quelques noms célèbres :

. Maison Coulomb
. Restaurant Jullien
. Maison Convert
. Chez Gégène
. le Moulin de Bonneuil
. l'Ermitage
. le Robinson
. la Roseraie

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Le Musette à l'étranger

Le Musette, de nos jours, jouit d'une bien meilleure réputation à l'étranger qu'en France.

Mais, au début du siècle, on trouvait déjà, dans d'autres coins du monde, du  Musette adapté à la couleur locale (Berlin, Barcelone, Le Caire (!)) ou même totalement copié (New York)...

Comment ?

Etienne HERVIER     P276
Détective,13 octobre 1933 

Titre : Pègre des mers
La Rue de Lappe à... New York!

« Sous la lumière brutale qui tombait d'une lanterne de fer forgé, un agent, vêtu de l'uniforme des agents parisiens, arpentait le trottoir, se précipitait aux portières des automobiles. Il portait une longue barbe... il était célèbre à New York, car il était la vivante réplique du fameux agent de la porte Saint-Denis. Un étroit escalier, aux murs dégoulinant de sang de bœuf, plongeait sous terre. Nous le descendîmes. Le bruit d'un orchestre se rapprochait... Un orchestre de chez nous, où l'accordéon fleure la tristesse des faubourgs salis de boue et de fumée, où le jazo-flûte gazouille son inquiétante chanson de voyou. Un musette... C'était un vrai musette, semblable à ceux qui se groupent près des Halles. Rien n'y manquait, ni les musiciens à tête de souteneurs à la Carco, ni les filles en jupes plissées et en tabliers rouges. De petites lampes, serties entre des pétales de soie, fleurissaient le plafond. Comme nous entrions dans la salle, une énorme fille passa devant nous, criant avec cet indéfinissable accent des banlieues parisiennes, où traînent toute la veulerie des longs crépuscules s'effilochant aux cheminées des usines, toute la lassitude des hommes qui ont traîné leur existence entière, toute la désespérance morne des ivrognes attardés dans la nuit. "- Allons, grouillez-vous!... Passons la monnaie". C'était un peu de l'air de Paris que je respirais: un air pauvre peut-être, de médiocre qualité, mais un air parisien tout de même. »

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