Ils l'ont dit un jour : "musique"

                               Accueil - Version française                                  Welcome - English Version                               
Comment ?

                           

Clément LEPIDIS     P11
Monsieur Jo

« Qui se souviendra de Jo Privat ? »
(Ndlr : Nous, bien sûr !!!)

Claude DUBOIS      P 12
La Bastoche, 1997

« Accordéon ? André Verchuren... ils interprètent le côté franchouillard tagada-tsouin-tsouin... Ils sont toujours à côté ! »

Jean MAG et Louis PEGURI      P101             
Du bouge.. au Conservatoire, 1950

Vers 1904/1905 :

« Grand, mince, portant la blouse légendaire, Bouscatel donnait à danser " [...]. Tout en manipulant bras et jambes - car il portait des grelottières - il regardait évoluer sous lui la masse compacte des danseurs. »

Bouscatel, parlant de l'accordéon, après sa rencontre avec Péguri :

« Les jours de ma cabrette sont comptés? Et ceux de ton biniou aussi! Ce bougre d'instrument nous amène la ruine! A moins que [...] Alors! les gars! Qu'en pensez-vous? C'est du merveilleux qui nous tombe du ciel. C'est une révolution qui se prépare. Avez-vous entendu? C'est rond, c'est chaud, c'est vivant. Et c'est tout un orchestre, cet instrument du diable! Il vous a mis les tripes à l'air ce biniou de Satan. Alors, écoutez bien ce que va vous bailler Bouscatel. C'est décidé. Dans mon bal de la rue de Lappe, on y jouera de l'accordéon avec ce phénomène de Péguri. Et je vous le dis, foi d’Auvergnat, je refuserai du monde à ce bal. Des gens viendront de Pigalle! de Montrouge! de Passy! des Batignolles! Il en viendra aussi de Bordeaux! de Marseille! de Strasbourg! [...]  je vous dis qu'on se battra sur le seuil pour entrer. Et moi mort, on dansera encore rue de Lappe! » 

Pierre Mac ORLAN       P192
Images secrètes, 1928

« Sur une estrade, un orchestre composé d'un accordéon, d'un banjo et parfois d'un tambour ou d'un jeu de tambours comme dans les jazz- bands impose une façon de danser. »  

Jean MAG et Louis PEGURI
     
P197             
Du bouge.. au Conservatoire, 1950

Parlant du bandonéon et de l’accordéon :

« Même début difficile, même engouement par la suite. Comme l'accordéon à Paris, le bandonéon rencontra à Buenos Aires une hostilité persistante pendant quelques années .»

Jo PRIVAT    P199
Extrait de 2 interwiews :
Francis PINGUET "un monde musical métissé"
Didier ROUSSIN "Histoire de l’accordéon"

« Les musiciens de dancing et ceux du musette formaient deux clans différents, parce que le dancing c'était déjà un peu plus huppé: on jouait des valses boston, des slows, des pasos dobles, des tangos, des trucs chics, qui, à l'époque, n'étaient pas encore joués au bal-musette. [...] Au musette, on se serait fait siffler. [...] Au dancing, les gens venaient en tenue habillée, les femmes portaient de belles robes, etc. Dans les bals-musette, c'était débraillée: on dansait des polkas, des fox-trots. La rumba, on appelait ça la "frotteuse". [...] Dans les dancings, les couples ne dansaient pas collés. Les valses se dansaient "écartées". Les formations étaient plus importantes et comportaient des cuivres. Au bal-musette, même pas une clarinette. Quelquefois un mec jouait du "monocorde" ou  "boîte à cigares", une grosse boite à cigares avec un manche à balai "branché" dessus. On ajoutait une corde pour faire contre-chant, genre violon. La boite à cigares faisait caisse de résonance, c'était marrant dans les tangos. »

« Le charleston marchait très fort. Le black-bottom aussi, c'est un dérivé du charleston. Cela se jouait avec des cuivres, et on ne les dansait que dans les dancings. Après c'est venu au bal- musette et on les a joués à l'accordéon. À l'époque les batteurs avaient des grosses caisses énormes. je me souviens d'un batteur qui jouait au bal-musette : Toto, il était tout petit, on ne le voyait plus, et pour jouer un coup de cymbale il fallait qu'il se lève. »

« La valse, c'est la base du musette, avec la java. Un paso-doble ou un fox-trot, ce n'était pas du musette... »

Claude DUBOIS            P 359  
La Bastoche, 1997

« Une valse en mineur comme il se doit. Le mineur, cette façon de teinter la musique de nostalgie, de lui conférer sa tonalité nativement parisienne. »

Robert PLEN   
P 360

Au sujet de Jo Privat :

« Privat, c'est un style particulier. C'est le meilleur compositeur pour les valses-musette modernes, avec Mystérieuse, Sa préférée, Balajo... Il a eu des idées terribles de composition, il a fait des trucs, il a eu des intuitions sensas'. Ça plaisait, ses morceaux. Quand c'est qu' c'est sorti, ça nous semblait drôle, tu penses... On avait l'habitude de jouer Reine de musette, Retour des hirondelles, qui étaient de gros succès... Puis, tout d'un coup, on entend Mystérieuse. On s' dit: d'où qu' ça vient, ça?... Qu'est-ce que c'est qu' ça?... Ça faisait drôle, ce musette moderne. Puis un bon musicien, Privat, vraiment un mec terrible! Pour la composition, c'est le plus fort, et qu'est-ce qu'il en a fait des morceaux!... Ça plait vachement aux danseurs : ça tourne, et malgré tout c'est moderne, c'est ça qu'est chouette!... Mystérieuse est en mineur, oui, c'est plus triste, ça fait musette moderne triste... Balajo est en majeur... Privat, il a une façon de jouer qui coule et qui tourne. Il a trouvé un style, le musette swingant... Viseur s'était déjà embarqué sur cette voie, mais en plus dur. La différence entre lui et Privat, c'est que Viseur était plus difficile à jouer. Il partait dans les harmonies, les danseurs ne suivaient pas. Flambée montalbanaise: pour être du musette swingant, c'était swingant... Viseur en rajoutait un peu trop en jazz, Swing-valse, tout le monde pouvait pas la jouer. Tandis que chez Jo, tu sens le swingant mais tu retrouves tout de même le musette dedans... Moi j'ai copié sur Privat, c'est lui qui m' plait le plus!»

François Billard    P361
revue Tango N°2, en avril 1984 :

« Dans Minor Swing (de Reinhardt et Grappelli), qu'on est loin de l'accordéon matraqueur. Sous les doigts de Privat le soufflet aspire, un grand souffle qui donne sa valeur à chaque note [...]. Et l'on sent ici, comme jamais, cette invraisemblable nature de l'accordéon qui est un être à part, à mi-chemin entre la classe des instruments à vent et celle des claviers. Ce "piano du pauvre", comme on dit un peu naïvement, est doté d'ailes ou de branchies, selon le point de repère qu'on choisit dans le règne animal. »

A propos de Chez Jacquet, une valse de Django :

« substance est comparable aux plus belles valses de Tony Muréna et de Jo Privat (peut-être le plus grand orfèvre en la matière), comme Sa préférée, Mystérieuse, Balajo, Nuit blanche et d'autres encore. Leur magie incite au mouvement perpétuel et l'on n'a plus qu'un désir, celui de s'y engloutir et de disparaître en tournant sur soi-même emporté par l'accordéon qui risque fort de renverser après nous la tour Eiffel, la grande serre du jardin des Plantes, et tous les buildings de New York pour peu qu'ils aient le cœur à la danse ».

Jo PRIVAT     P369P359

« Emile Prudhomme, un jour a quitté le Tourbillon pour le Bousca, la moitié de la clientèle la suivie ! »

« J'ai commencé un peu à jouer comme Émile Vacher. Il jouait piqué, détaché, cadencé... Il jouait le diatonique de la main droite et, de la gauche, il jouait des basses composées en chromatique. Il avait une cadence extraordinaire et il canardait pas! Il y avait deux orchestres à L'Ange bleu: je doublais Vacher et je jouais aussi du bandonéon avec Bachicha l'Argentin... Des Gitans sont venus nous voir: Matelot et Saranne Ferré avec leurs guitares. Cette guitare, qui a remplacé le banjo traditionnel du bal-musette, m'a énormément touché. J'ai ressenti autre chose que le musette saccadé... Ensuite, j'ai entendu Gus Viseur, Charley Bazin... Guérino qui, avant eux déjà, jouait ce système d'accordéon sans vibrations beaucoup plus harmonieux... Muréna... les plus grands... Ce sont eux qui m'ont influencé, les Gitans, et, bien sûr, Django Reinhardt... Quand il arrivait, l’œil noir, dans le guinche tout le monde avait les copeaux, tout le monde était paralysé. Mon style a changé... Enfin, j'y étais prédestiné, car jamais je n'ai joué de ces notes piquées comme beaucoup tapent sur l'accordéon. J'ai continué dans ce style, puis le swing est arrivé, je m'y suis mis... Le Petit jardin était le bal des Gitans. T'avais Maruzzo, Spazzo, Niglo, Mac-Kac, tous ces gens-là... De jouer avec eux, t’étais obligé de suivre.... de balancer en douceur ces valses nostalgiques dont aime à parler Lépidis... »

La revue de l'Accordéon      P364

A propos de Tony MURENA :

« jouait comme un dieu, sans vibration, glissant ici et là entre chaque note un frisson »

Haut de page