Ils l'ont dit un jour : "danse"

                             
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Sébastien MERCIER     P35
Tableau de Paris publié entre 1781/1788

« Il est des bals pour tous les états: les porteurs d'eau et les charbonniers ont les leurs... Dans des caves, même au fond de quelques allées, dans de sales cabarets, au son d'un violon grossier, ou d'une rauque musette, tous les dimanches et toutes les décades (car le peuple chôme doublement), souvent même dans l'intervalle, les Auvergnats dansent à ébranler les planchers et à faire craindre les réparations locatives. Le lieu de la danse est éclairé par un lustre composé de deux morceaux de bois en croix ou par quelques lampions rangés à terre le long des murs… Vous voyez s'élever et retomber sans cadence et sans mesure des danseurs inimaginables. »

Claude DUBOIS     P35
La Bastoche, 1997

« Tout au long du XIXè siècle, des textes [...] dépeindront le plaisir auvergnat à Paris, son côté pittoresque. Ils ont en commun un air de famille car, jusqu'aux années vingt, le bal auvergnat, le bal musette, gardent ses caractères : étroitesse de la salle, médiocrité de l'éclairage, décor réduit à sa plus simple expression, bref, un aspect insolite, sauvage, parfois inquiétant pour l'explorateur qui s'y aventure, et inlassablement ce son de la "rauque musette"… »

François GASNAULT      P41
Guinguettes et Lorettes, 1986

1891, un journaliste, au sujet du Bal des Punaises :

« Bouge dansant, [...] [où] se trouvait, derrière l'orchestre, un banc spécialement réservé aux femmes qu'une ivresse trop accentuée ou le manque absolu de chaussures empêchaient de prendre part au plaisir de la danse. »

Jean LORRAIN
La maison Philibert, 1904

« Une valse noyait les yeux de femmes abandonnées avec une langueur canaille aux bras des mâles. Les hommes, eux, goulûment penchés sur les valseuses, les maintenaient d'une étreinte solide et d'un regard vorace. Tous fignolaient leur danse, tous merveilleusement attentifs à la mesure et au rythme. »

Paul MATTER     P113
La revue Bleue, 16 novembre 1907

« Au long du trottoir, une lanterne fumeuse fait sortir le mot BAL en caractères noirs sur une vitre crasseuse ; la première salle est un débit quelconque, semblable à tous, où consomment des cochers et quelques boutiquiers du quartier ; elle est fermée par une balustrade élevée qui la sépare de la salle où l’on danse… »

EL Hogar, hebdomadaire de Buenos Aires     P194
20 Décembre 1911

Au sujet du Tango Argentin :

« Paris, qui impose tout, finira-t-il par faire accepter chez nous le Tango Argentin ? »

André WARNOD      P114
Bals, Cafés et Cabarets, 1913

Au sujet des Bals de 1913/1914

« Tous dansent avec respect, ils savent ce qu'ils font. Enlacés étroitement, ils se laissent entraîner au rythme de la musique et leurs jambes agitées et souples ne manquent jamais la mesure. Un grand voyou danse la java avec, plaquée contre lui, une petite  femme toute mince au corsage de toile bleue. »

Jean MAG et Louis PEGURI     P115  
Du bouge
.. au Conservatoire, 1950

Au sujet de la Java :

« une danse qui tenait de la valse mais avec un pas plus crapuleux, plus canaille.
- Cha va! Cha va!... Ainsi naquit d'une déformation du parler auvergnat le fameux pas de java».

« Le succès de ce pas nouveau est extraordinaire. On danse la java même dans le grand monde. »

Pierre Mac ORLAN   P115
Images secrètes de Paris, 1928

Au sujet de la Java :

« Cette danse fut consacrée par ceux que l'on appelait encore, il n'y a pas si longtemps, les apaches. Elle doit être un hommage à cet argot puéril que l’on nomme le javanais ... »

Claude DUBOIS      P113
La Bastoche, 1997

A propos d'un musette en 1913 :

« Un musette typique, avec balustrade ou balcon, et des guirlandes qu'on retrouvera longtemps encore. Quant à orchestre, il se compose, en tout et pour tout, d'un homme et d’un accordéon. »

 Martin  CAYLA     P127

En 1914, après la déclaration de guerre :

« Paris avait tellement changé, que je ne le reconnaissais plus. Tous les bals avaient fermés leurs portes. »

En 1915 :

« En rentrant rue de Lappe, une rue devenue silencieuse et bien triste, je regardais chez moi ma pauvre cabrette qui gisait comme morte. »

« J'allais de temps en temps rue de Lappe, mais qu'elle était triste, sans bals. »

A la fin de la guerre :

« La guerre terminée, les bals n'allaient pas tarder à rouvrir. Ils faisaient vivre non seulement les musiciens, mais les cafetiers, les marchands de limonade. Quelques jours après le 11 Novembre 1918, le préfet de police autorisa en effet la réouverture ces établissements. »

André WARNOD     P195
Les Bals Publics de Paris, 1922

Concernant les multiples endroits interdits ou l’on dansait vers 1917  :

« Les tenanciers de ces établissements, poursuivis par la police, devaient faire fortune en quelques semaines, voire quelques jours. Mais rien n'était trop cher. La danse était devenue un plaisir des dieux ...»   

Entre l'armistice de 1918 et la réouverture des bals :

« Souvent, le dimanche, dans les quartiers populeux, au son d'un accordéon ou d'un violon, une petite sauterie commence et dans les établissements de Montmartre. Pensez-vous qu'on puisse toujours empêcher les gens de se trémousser au son des jazz-bands? » 

GALTIER-BOISSIERE     P137
Crapouillot  N°6, 16 Juin 1919 

Titre  : on redanse

« Dans les bals-musette de  Charonne et de la Montagne, dans les guinguettes de la barrière et les bosquets de la banlieue, chez Octobre, aux Gravilliers, au Petit Balcon, des émules de Mimi-le-Vacher jouent de l'accordéon avec un chapelet de grelots au pied »

« Entre deux tournées de picolo, Gras-du-Genou, Maurice l'Algérien et le môme Cuisse-de- Mouche, sa casquette ronde, le cou ceint d'un petit foulard, guinchent la "java" avec des filles au casque d'encre ou, d'or. Ici l'étiquette est des plus strictes. Nulle danseuse n'accepterait d'autre invitation que celle de Son Homme. Tout individu mal élevé se fait grouper à la sortie. Seul le poilu a quelque indulgence; un superbe bataillonnaire à fourragère rouge, le képi cassé, les paupières tatouées, les cheveux en paquet de tabac, se risque à danser "l'aéro" renversant à chaque ritournelle sur son genou sa danseuse à demi pâmée. Mais sans doute ce manque de tact se réglera-t-il sur le coup de minuit, par l'envoi de quelques coups de pétard ou l'insertion d'une rallonge bien effilée sur le coin du trottoir, entre les omoplates de l'imprudent... »

Francis CARCO            p153
Panam, 1922

 « Sur le parquet qu'entourent les tables, entre les glaces où s'entrecroisent vingt silhouettes multipliées, la java glisse à temps égaux. Elle enlace et désunit, assujettit et laisse aller les couples. C'est la danse des faubourgs. C'est la danse qu'un instinct profond a formée sur un rythme populaire. Elle est un raccourci des valses et scottishs d'antan, un mélange sobre et comme rétréci des usages mondains et des anciens quadrilles. Rien chez elle qui ne soit de l'instinct. Rien qui échappe au contrôle des sens. »

  « Il n'est qu'au bal-musette où la danse a gardé sa splendeur. Elle y sculpte dans une lumière sèche et brillante des attitudes au modelé rapide, une arabesque étroite d'où s'échappent par moments un regard, un profil de femme, un sourire mêlé de vertige et des contacts inattendus. J'entends encore gémir l'accordéon. je vois encore Bob et Marie la Thune ne danser que pour eux. je les admire. Les petits pas serrés qui les portent d'un angle à l'autre du parquet qu'ils arrondissent d'un tournant souple; le tourbillon dont ils enroulent et ferment sur eux le cercle; la houle heureuse de leur étreinte et son extase, son imperceptible arrêt dans l'élan du plaisir, tout... glissements, abandons de la femme, la soumission muette à l'homme qui la dirige... le chemin sûr tracé par l'homme entre mille pas où il choisit et crée sa marche... tout m'éblouit encore du souvenir qu'ils m'ont laissé. »

André WARNOD     P195
Visages de Paris, 1930

« La folie du tango dura plusieurs années, elle fut remplacée par la folie nègre. Le jazz régna en maître dès la fin de la guerre et l'on ne se contenta bientôt plus des nègres musiciens, il fallut avoir des nègres danseurs. Ce fut la grande époque du charleston et du black-bottom ... »

André WARNOD     P143  
Fils de Montmartre, Souvenirs,1955

Vers 1920 :

« Un nouveau snobisme naissait. Celui de l’amour des filles et des mauvais garçons, des "apaches" comme on disait alors depuis Casque d'or. Mistinguett et Max Dearly dansaient la chaloupée,  au Moulin-Rouge. »

Roger GIRARD     P205 P206
Quand les Auvergnats...

« C'est dans les années vingt que, pour la dernière fois, les bals auvergnats se qualifièrent de bals-musette. Les plus en vogue étaient rue au Maire, près de la République, où on en trouvait quatre . »

Au sujet des dancings-musette, caractérisés par :

« à la fois par une décoration spéciale à base de lumières tamisées et multicolores et par l'importance des danses "typiques", c'est-à-dire sud-américaines, puis plus tard de la musique de jazz. »

Claude DUBOIS      P132 P184
La Bastoche, 1997

« Éclairés à gogo car bénéficiant de l'électricité, les petits bars, les musettes du Paname 1925 de Carco relèguent aux oubliettes les bouges noirâtres du Pantruche de Bruant et de la Belle Époque. »

« La fonction majeure du bal était d'offrir de l'illusion, de créer du rêve, les proxénètes s'y employaient, là était le piège, c'était leur boulot. Leur touche voyou était à la mode, les filles étaient attirées. »

Francis CARCO     P217
L’Amour Vénal, 1927

« Les d'moiselles sont autorisées à ôter leurs godasses [...]. Elles ont leurs pantoufles à la caisse et ça leur est bien commode, parce que faire le tapin dehors et venir danser ici, pour s'reposer les pieds... »

GUIDE DES PLAISIRS DE PARIS    P230
1928

Titre : Les bals des dessous de Paris

« en général, ces bals de la rue de Lappe, malgré le public souvent de mauvaise mine, ne sont guère dangereux »

« On peut aussi (et cela vaudra beaucoup mieux), en s'adressant à la préfecture de police, se faire accompagner par un agent de la Sûreté en bourgeois... »

GALTIER-BOISSIERE       P208
La Vie de Garçon, 1930

« Je me souviens des bals musettes d'avant-guerre, que j'explorais à dix-sept ans, poussé par le démon de l'aventure. C'étaient des bouges enfumés; un portillon à volets séparait la salle de bal du zinc où roulait à flots l'aramon; une suspension à gaz éclairait un modeste carré de plancher luisant. »

« Le danger consistait moins à être dévalisé qu'à se faire ouvrir le ventre par quelque énergumène, pointilleux sur l'étiquette, qui ne tolérait point qu'un fâcheux s'introduisit dans ses agapes intimes sans y avoir été convié »

« Que les temps sont changés! »

Au sujet du Petit Balcon (dancing) :

« il y a autant de policiers en bourgeois qu'à la porte de l'Élysée »

Léon AGEL      P259  
Titi des Enfants Rouges, 1993

Vers 1930 / 1935 :

« Dès que la rafle était signalée par le téléphone arabe, la pègre disparaissait comme par enchantement. Presque toutes les maisons communiquaient avec des passages. Les marlous et les radeuses du coin les connaissaient et s'évaporaient dans la nature. Dans le cas où ils ne pouvaient traverser le passage Thiéré et la rue des Taillandiers, ils avaient la ressource de se cacher dans les caves ou de monter dans les escaliers... »

« Ce fut le père Pouillet, de la Boule rouge, qui le premier, en début de séance, planté sur le pas de sa porte se mit à racoler les filles. Il offrait une consommation gratuite aux femmes seules. L'idée était bonne pour que les hommes entrent à leur tour. »

Robert BRISACQ     P216
La Rampe, 1er Avril 1931

« Et maintenant, rue de Lappe, Roquette chère des accordéons et des diabolos [...] rue de Lappe, chaque maison est un bal avec trop de lumière et un agent devant; chaque bal est séparé par le couloir d'un hôtel »

F. DUPIN        P 232  
Détective,  16 Avril 1931

« Rue de Lappe... l'accordéon sanglote... Les mauvais garçons s'étourdissent au rythme d'une java ou combinent quelque coup un prochain soir... Dehors, les cars de la préfecture ont déversé un flot de policiers; c'est la rafle : l'armée du crime va laisser entre leurs mains des prisonniers... »

Henri MAHE      P320
La Brinquebale avec Céline, 1969

Vers 1930 :

« Le Bal Vernet était certainement, parmi les musettes de Paris et de la rue de Lappe en particulier, de loin et de beaucoup le plus sordide de tous : murs nus jaunes et crasseux, à droite un triste zinc, quelques verres, quelques bouteilles... Au fond une estrade, accordéon batterie et tout à côté une porte branlante indique W.C, tracé d'un large pinceau noir malhabile... Des tables, des banquettes défoncées, pas de chaises (interdit par la police)! Au plafond s'entrecroisaient, pendouilleuses, des guirlandes en papier, rebut de quelque ancien 14 Juillet... Fête et liesse! Et aussi, au bout de leur fil, deux ampoules électriques, une blanche, une rouge alternant les effets d'éclairement miteux... »

Léon AGEL      P279  
Titi des Enfants Rouges, 1993

Vers 1930, au sujet du Bal Vernet :

« La clientèle ne se composait pas d'enfants de chœur. Il y avait un mélange de "petits boulots", midinettes et ouvriers, dont je faisais partie. Des petites bonnes qui venaient chercher l'aventure et les émotions fortes. Puis les durs, les macs, les gars de l'infanterie coloniale ou de la marine en perm'. Des "joyeux" et des "tricards" venus passer leur dernière "neuil" rue de Lappe avant de quitter la capitale, ainsi que les dames qui, entre deux passes, venaient en tourner une, avec leur homme ou une copine. »

Francis CARCO    P211
Paname, 1934

« l'odeur de la friture, du vin blanc se mêlait à celle des apéritifs et au relent des femmes en sueur qui, sans vergogne, s'essuyaient le visage, les paumes, les aisselles après avoir dansé ».

Eugène DABIT     P271
Un Bal à Belleville, 1935

« Je ne dis pas que ce sont des bals musettes. Les musettes de La Chapelle, de la rue de Lappe sont visités par des maquereaux, des bourgeois, des snobs, et, malgré que la grande vogue soit finie, ils gardent tous, je crois, une clientèle. Celle de mes bals est différente. je ne leur en souhaite jamais une autre. »

« Le patron de l'établissement n'ignore rien de ce qui se passe dans les bals musettes. Par exemple, son orchestre - pardon, son jazz - commence à jouer une biguine, ou un tango, et soudain la salle baigne dans une lumière rougeâtre, suggestive... »  

Marcel MONTARRON     P343
Détective, 10 &17 Juin 1937

« Le sang des rixes ne tache plus, depuis longtemps, le plancher des musettes »

« Ce qui frappe maintenant, c'est la stricte politesse où chacun tient son voisin, l'élégance affectée des danseurs, la gravité avec laquelle ils cachent cette violence naturelle qui ne s'éduque point. »

« Pourtant, malgré leur modernisme de commande, malgré leur trompeuse métamorphose, gardons aux musettes de Paris notre affection. Il faut avoir le cœur blasé pour ne point les aimer. Ils sont, comme les chansons des rues, comme les squares, comme les quais de la Seine, l'éternelle romance du peuple de Paris. »  

Au sujet des femmes :

« Celles qui viennent pour danser, parce qu'on y danse mieux qu'ailleurs, celles qui viennent pour "frotter", et celles qui viennent pour des levages. »

Au sujet des femmes mariées qui viennent seules au dancing :

« Vous travaillez ? demandent les curieuses. - Moi, je m' défends grâce aux femmes. - Si jeune ? - Bédame. Pression des bras. Longs regards. - Et vous, qu'est-ce que vous faites, vous avez un turbin ? - je suis mariée. Mais comme j'aime la danse, que mon mari est très pris... - Voui, ma gosse, on dit toujours ça. Si tu n'avais pas envie de t'envoyer un petit homme, qu'est-ce que tu ferais ici ? - Mais non, je vous assure... - Dis-le bien en face, sans rougir ! Longs regards. Nouvelle pression des bras. Voilà le travail... Le lendemain, entre copines, on se confie : - Oui, ma poule, un vrai de vrai, hier, rue de Lappe. Il m'a serrée fort dans ses bras. J'ai eu peur. J'ai cédé. A cette minute même, le petit "mac" aux joues fraîches, aux bottines vernies, et qui avait au petit doigt une bague trop rutilante, débite, derrière son comptoir, du macaroni en boites ou du tissu en solde. »

A propos des faux durs qui envahissent les musettes :

« toute une clientèle de jeunes commis ou de jeunes mécanos aux allures d'affranchis, de mecs à la redresse et de potes garantis réguliers. En un mot, la mode est, au musette, de passer pour un barbeau, alors que les barbeaux authentiques, dont le métier est de vivre des femmes, ne s'affichent pas aussi aisément et s'efforcent de masquer sous des dehors corrects leur goût instinctif de la violence et du risque. »

Regrets :

« je regrette le temps où l'on passait la monnaie, se lamente Victor, l'époque où le musette ne se donnait pas des allures de simili-dancing. Il y avait peut-être moins de tenue, plus de débraillé, mais il y avait plus de caractère. »

Noël PRICOT     P390  
Détective, 1937

Article suite à un meurtre rue de la Roquette, à la Rotonde :

« S'il est un lieu pour évoquer le crime, n'est-ce point, en effet, cette rue de Lappe, d'universelle réputation, qui, animée dans la journée par l'honnête travail des artisans, voit affleurer, chaque nuit, tant de mauvais garçons et de filles perdues, amateurs de javas canailles, de valses à l'envers, de trémoussements corps à corps, de rythmes scandés par l'accordéon ou le jazz tour à tour brutal et langoureux. Sous le luminaire, alternativement rouge, verdâtre, doré où baigne l'atmosphère des bals musettes, joue contre joue, dansant à petits pas ou glissant un entre-jambes persuasif, le corps libre mais l'esprit "travaillé" par d'anxieux secrets ou par de ténébreux espoirs, que de couples ont associé, dans ces dancings qui font la célébrité du quartier, leurs destinées à la dérive: que de louches accointances, de néfastes combinaisons ont été nouées à ces comptoirs qui attirent ceux qui ne dansent pas mais qui aiment la caresse du rythme. »

Francis CARCO     P228    P350 
Envoûtement de Paris, 1938

« Le pittoresque y a perdu. Les "musette" ont en majeure partie disparu des quartiers où jadis ils foisonnaient, à la grande joie des honnêtes gens et des coquins, des petites ouvrières et des "radeuses" : de mirifiques dancings les ont remplacés. »

le Petit Balcon :

« Aujourd'hui dans le même bal, détonations de revolver, roulements de tambour, cris, hurlements, accompagnés d'éclairs et de heurts de cymbales accueillent, dès qu'ils sont installés, les touristes qu'on déverse des autocars. Mais les armes sont chargées à blanc et c'est un électricien qui, devant le manomètre, coupe et donne la lumière pendant que les musiciens poussent des clameurs stridentes et que des figurants, pour corser le tableau, déchirent l'air à coups de sifflet. »  

LA REVUE DE L’ACCORDEON     P207
Septembre1938

Au sujet du Tourbillon, un dancing du XIXè arrondissement :

« une évolution constante suivant ou plus exactement prévenant le goût de sa clientèle a fait de ce bal musette un dancing musette parfait que ce soit au point de vue décors, lumière et naturellement orchestre et attractions. »

Jo PRIVAT     P372

« Au P'tit Jardin, c'étaient vraiment des méchants. Il y avait pas de mômes, pas d' tocards au P'tit jardin, pas de sprats, tu vois, les p'tits poissons, les anchois... En argot le sprat c'est un p'tit maque, un dos-vert, un bizet, un barbillon... oui, un barbeau d' pissotière, pour être vulgaire... Attention! C'étaient des durailles au Ptit jardin, le coin des Corses et des Gitans, un cercle plus fermé. A l'époque c'est les Corses qui dét'naient le pavé d' Montmartre. T'avais pas beaucoup d' Français dans c' camp-là... Trois clans y avait : Gitans, qu'étaient rue La Rochefoucauld, Corses, et Siciliens aussi... Au P'tit jardin, entrait pas n'importe qui... »

Auguste  LE BRETON      P372
Les Macqs & le Monde du 8 Décembre 1985

« Au bal du Petit jardin, ils avaient de la gueule, les lascars! Maques, casseurs, fricfraqueurs... Maurice la Gouine, il avait même fait mettre un diam' dans la canine de son chien... ça en jetait! [...] En semaine il y avait que les forbans qui avaient le droit d'entrer, et les femmes, toutes les femmes... Les naves, les gens qui voulaient aller danser, aussitôt qu'ils avançaient dans le long couloir d'entrée, les pieds s'allongeaient, ils tombaient... Le samedi et le dimanche c'était à eux, aux naves, en semaine: "verboten"! »

Jo PRIVAT    P360

« C'est très doux le bal-musette, c'est pas le bal champêtre ! »

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